L’organisation de ce débat a été demandée au gouvernement par le Président de la République.
Placée sous l'autorité du recteur Patrick Hetzel, Président de la Commission, elle s'appuiera en premier lieu sur les débats qui seront organisés dans les académies. La commission a rendu un rapport d'étape en juin et rendra ses conclusions au mois d'octobre.
La commission a mis en cohérence, au plan national, les propositions issues des travaux déconcentrés et a effectué un rapport de synthèse finale du débat.

Au niveau national, la commission a pour mission d’auditionner l’ensemble des acteurs concernés par le lien université et emploi, en particulier les présidents d’université, les représentants du personnel et des étudiants, les partenaires sociaux, les organisations étudiantes, les représentants du monde économique.

Elle les auditionne afin de recueillir leurs analyses et leurs propositions sur les thèmes d’investigation qui leur ont été confiés.
Ces auditions approfondies durent au minimum deux heures chacune. Elles donnent lieu à un script et sont complétées par des documents écrits remis par ces organisations.
Il est ainsi possible à tous de prendre connaissance des positions et des propositions des acteurs sociaux et professionnels de leur pays et d’en apprécier les points de convergence et de divergence.

Cette année, le débat portait sur les thèmes suivants :

  • l’orientation, l’information et l’insertion professionnelle ;
  • la professionnalisation des études dans le cadre du cursus Licence-Master-Doctorat ;
  • l’apprentissage et le développement de l’alternance.

Chaque thème définit ensuite plusieurs sujets.
Pour l’orientation, l’information et l’insertion professionnelle, les sujets étaient les suivants :

  • Informations en amont de l’entrée en formation ;
  • Orientation tout au long du cursus ;
  • Modalités d’orientation individuelle et éducation aux choix ;
  • Efficacité des canaux d’information choisis par les prescripteurs et conseillers en orientation ;
  • Adéquation formations et emplois ;
  • Adéquation orientation et débouchés économiques ;
  • Coordination des analyses prospectives (formation et prévisionnels en terme d’emploi) ;
  • Evaluation de la politique d’orientation dans l’enseignement supérieur ;
  • Lisibilité externe des contenus des formations ;
  • Faciliter le recrutement pour l’étudiant et l’entreprise ;
  • Modules complémentaires (langues vivantes, ateliers C.V.) ;
  • Mobilité internationale ;
  • Définition des compétences ;
  • Préparation aux entretiens d’embauche et à la recherche d’emploi ;
  • Valorisation des expériences (travail salarié, stages, apprentissage…) ;
  • Gestion prévisionnelle des emplois. Partenariats universités / entreprises / chargés du recrutement.

Ensuite, on établit plusieurs problématiques :

  • Existe-t-il un statut de l’étudiant salarié ?
  • Les modalités actuelles de présentation aux lycéens des filières universitaires sont-elles adaptées ?
  • Les bacheliers sont-ils suffisamment informés sur les pré-requis nécessaires à la réussite des études supérieures ?
  • Comment établir l’adéquation entre formations supérieures et emploi ? Comment valoriser des filières peu attractives mais porteuses d’emploi ?
  • Comment est exploitée la prospective sur les débouchés en terme d’emploi des formations universitaires ?
  • Comment disposer d’informations consolidées sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés et sur des suivis de cohortes ? Sur les réorientations ?
  • Comment préparer l’étudiant à son entrée sur le marché du travail ?
  • L’université s’assure-t-elle toujours de la lisibilité externe de ses filières ?
  • Les entreprises sont-elles suffisamment informées des contenus et objectifs des formations ?
  • Comment promouvoir la mobilité internationale chez les étudiants -Comment aider les étudiants à valoriser des compétences acquises en cours de cursus ?
  • Comment aider les entreprises à définir leur stratégie de recrutement de jeunes diplômés ?
  • L’accompagnement des jeunes diplômés en matière de recherche d’emploi est-il adapté ?
  • La politique relationnelle de l’université avec les acteurs de l’insertion professionnelle est-elle efficace ?

Chaque thème est développé de cette façon. Ainsi pour le thème portant sur la professionnalisation des études dans le cadre du cursus Licence-Master-Doctorat, les sujets étaient :

  • Exégèse de la professionnalisation ;
  • Connaissance du monde socio-économique ;
  • Stages ;
  • Offre de formations professionnalisantes ;
  • Professionnalisation des formations générales ;
  • Individualisation des parcours ;
  • Prévention des échecs et des abandons en cours de cursus ;
  • Réorientation ;
  • Offre globale de formation / analyse des besoins ;
  • DIF et CIF ;
  • Pilotage de la formation continue universitaire ;
  • Stratégie de développement de l’offre de formation ;
  • Etudiant aujourd’hui et stagiaire de la FC demain VAE.

Et les problématiques :

  • Doit-on renforcer l’approche professionnelle dans la formation initiale et comment ?
  • Peut-on, et comment, approfondir la connaissance de l’entreprise et du monde économique chez l’étudiant ?
  • Comment développer une réelle politique de stage encadrée et valorisante ?
  • Comment accompagner le stagiaire et l’entreprise dans la définition des besoins de formation ?
  • Le schéma universitaire des formations permet-il toujours des passerelles entre les formations et à tout moment du parcours de formation de l’étudiant ?
  • Comment l’Université s’organise-t-elle pour aider l’étudiant à construire son parcours individuel de formation ?
  • Comment peut-on agir avant l’échec ? Comment l’étudiant peut-il se réorienter en cours de cursus ? Quelles peuvent être les solutions mises en œuvre pour éviter les abandons de formation ?
  • Quels autres moyens, en dehors des disciplines, peuvent être offerts à l’étudiant pour amplifier ses chances d’une insertion professionnelle rapide ?
  • Comment préparer l’étudiant d’aujourd’hui à la formation tout au long de la vie ?
  • Quels nouveaux modes de formation proposer dans le cadre de la réforme de la formation continue ? - comment pallier la stagnation de la demande de validation des acquis à l’université ?

Et enfin pour le dernier thème, l’apprentissage et le développement de l’alternance, les sujets élaborés furent :

  • Apprentissage ;
  • Contrat de professionnalisation ;
  • Accessibilité de la formation par apprentissage ;
  • Statut juridique de l’étudiant apprenti ;
  • Contrat de professionnalisation ;
  • Pédagogie de l’alternance ;
  • Relations avec les entreprises. Exploitation des vécus professionnels.

Et pour les problématiques :

  • Comment l’Université s’organise-t-elle pour développer l’apprentissage dans ses formations ?
  • L’apprentissage est-il une voie de formation accessible à toutes les filières et à tous les niveaux ?
  • Comment s’opère la mise en relation des employeurs et des candidats à l’apprentissage ? Quel est le mode de diffusion des offres de contrat d’apprentissage ?
  • Quelle pédagogie et quelles modalités particulières sont nécessaires à la réussite d’une formation par apprentissage à l’Université ?
  • Comment l’étudiant apprenti est-il accompagné au cours de sa formation ?
  • Quels outils ont été mis en place par l’Université pour assurer le suivi de l’apprenti ?
  • Comment valoriser les périodes de formation en entreprises au sein de la formation universitaire ?
  • Quels sont les freins actuels à l’essor de l’apprentissage ?

La commission entend également des experts ayant été amenés à travailler sur ces problématiques, ainsi que des responsables d’administration et d’organismes en charge de ces questions.

Le comité d’organisation a établit une synthèse des débats qu’il a fait parvenir à la commission nationale le 10 juin 2006.
Ce bilan d’étape a été rédigé sur la base d’un dialogue social particulièrement étoffé : la commission a auditionné 39 organisations syndicales et professionnelles, et les débats académiques ont mobilisés plus de 20 000 personnes.

Dans chaque académie, des débats sur le lien université-emploi associeront, sous la responsabilité des recteurs, les acteurs locaux autour des différentes thématiques identifiées.
La commission mettra en cohérence, au plan national, les propositions issues des travaux déconcentrés et effectuera un rapport de synthèse finale du débat.

Les préconisations du bilan d’étape visent à apporter des réponses concrètes et rapides pour réduire l’échec en premier cycle universitaire et améliorer l’insertion professionnelle des diplômés.
Le rapport final, en octobre, proposera les mesures structurelles qui permettront d’améliorer durablement le fonctionnement de notre système d’enseignement supérieur, en premier lieu en matière de réussite des études et d’insertion professionnelle.